Ordi-Linux

Reconditionnement d’ordinateurs sous Linux


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Nos demandes

vendredi 26 février 2016, par naga

“Une loi timide est ordinairement une mauvaise loi.”

Une citation de Louis-Sébastien Mercier.

Une reconnaissance des reconditionneurs

Théoriquement, une reconnaissance est possible pour les reconditionneurs par la marque Ordi 2.0 qui à priori est en train de changer de forme. Mais ceci n’est pas une certification et il semble manquer un organisme pour garantir le sérieux des reconditionneurs dans le respect législatif du traitement.

Dans la pratique, plusieurs reconditionneurs ayant fait la demande de la marque Ordi 2.0 et des relances, n’ont pas eu de réponse. C’est ainsi depuis environ 3 ans. Il semble que nous n’ayons aucun suivi.

Les reconditionneurs appliquent alors le principe de désobéissance civile [1] pour avoir une activité qui est pourtant promue par le cadre législatif... Cet état de fait étant quelque peu ridicule.

Récupération à priori d’Eco-systèmes

Actuellement, les ordinateurs sont jetés dans des bennes d’Eco-systèmes pour être recyclés. Ce "stockage" les endommagent.

Pour appliquer le cadre législatif actuel [2], il faut une mise à disposition du matériel en amont d’Eco-systèmes, afin de le trier et voir ce qui est valorisable. Une récupération de ce qui ne l’est pas est ensuite récupéré par Eco-systèmes gratuitement (ce qui est déjà le cas pour les reconditionneurs).

Encore faut-il que les reconditionneurs soient reconnus.

Plate-forme de récupération

Il est nécessaire d’avoir une plate-forme de dépôt type "bâtiment Industriel".

La plupart des reconditionneurs sont de petites structures qui n’ont pas les moyens financiers, tout comme les artistes, fablabs et autres intervenants dans le domaine.
Une fois l’activité démarrée et l’augmentation du volume traité, il serait alors possible de payer le loyer, les frais de bâtiment et de rembourser les frais d’installations.

L’investissement est donc un problème sur lequel il faut se pencher.

Par expérience de l’association Nâga, on estime que 50 % au moins des ordinateurs des particuliers sont reconditionnables (et bien plus pour la valorisation en général). Pour les entreprises, ce chiffres est supérieur à 80%.

Ceci aiderait grandement à atteindre le quota fixé par le cadre législatif.

Linux au sein des établissements scolaires

Avec une augmentation des ordinateurs reconditionnés, l’offre dépasserait la demandes.

Une des possibilité serait l’introduction de Linux dans les établissement scolaire de manière systématique.

De plus, il existe même des distributions dédiées à l’éducation.

En France, il y a :

  • 12 775 400 élèves et apprentis [3]
  • En 2012, en France, les établissements scolaires disposent de 20 postes pour 100 élèves et certainement plus à présent.
     [4]
  • Un poste neuf sous système d’exploitation propriétaire coûte environ 400 euros.
  • Un poste reconditionné système d’exploitation libre coûte environ 100 euros (avec une possibilité de garantie inclue de deux ans).
  • Les postes sont changés en moyenne tous les 5 ans.

Soit une économie par an de :
12 775 400 * (20/100) *(400-100) / 5 = 153 304 800 €

Sans compter les ordinateurs du personnel...

Avec ce montant, il y a largement de quoi :

  • Former les professeurs, instituteurs...
  • Payer des entreprises de logiciels libres pour créer ou améliorer les quelques rares applications spécifiques qui n’existent pas sous logiciels libres.

Les avantages sont multiples :

  • La création d’emploi
  • Des bénéfices conséquents pour les collectivités, département et région [5]
  • La sécurité contre les virus, spyware, malware...
  • La longévité d’un système qui consomme moins de ressources

La séparation des commandes de matériel

Lorsque les commandes de matériel sont faîtes, il arrivent que les ordinateurs soient inclus dans des lots.
Ainsi, il n’est pas possible pour les reconditionneurs de proposer des ordinateurs car ils n’ont pas les autres éléments du lots.

Il faudrait donc séparer les lots.

On retrouve ce problème aussi pour les cartouches et toners qui sont souvent dans le lots papeterie.

Ainsi, il n’est pas possible de les reconditionner en les remplissant une fois vide. Remplir soi-même, c’est 95 % moins cher. Remplir par un professionnel c’est entre 30 et 70 moins cher, selon le modèles. En plus, des entreprises font même la livraison pour simplifier la vie !

DEEE et produits dangereux

Ils sont considérés par la réglementation environnementale en vigueur comme étant des déchets dangereux car ils contiennent des substances réglementées.

Les opérateurs sont soumis à des règles strictes en matière de droit du travail et de droit de la santé, les DEEE étant considérés comme des déchets dangereux.

En effet, l’instabilité chimique des composants est une réalité quand ceux-ci exposés aux conditions climatiques.

Cependant des ordinateurs stockés dans des conditions nécessaires à son reconditionnement n’est pas plus dangereux qu’un ordinateur présent dans un habitat.

Si les interventions consistent à installer Linux et à ouvrir des ordinateurs assez rarement, la toxicologie est faible.

Il devrait donc y avoir une dérogation concernant les opérateurs du reconditionnment.

DEEE et PED

Envoyer des ordinateurs reconditionnés aux PED (Pays en Développement) peut paraître une bonne idée pour des écoles, projets associatifs...

Cependant, la gestion des DEEE est souvent inexistante et l’impact environnemental catastrophique.

L’échange d’une tonne d’ordinateurs fonctionnels contre une tonne de DEEE contrerait cette problématique.

Afin de rendre cela rentable, les DEEE en provenance de "pseudo-déchetterie à ciel ouvert" seraient trié dans des conditions de travail humaines et la séparations des pièces effectuées.

Après avoir été testées les pièces fonctionnelles peuvent être revendues ou utilisées sur place pour faire des ordinateurs et les pièces obsolètes, en surplus ou hors service peuvent être renvoyées triées par conteneur en Europe pour être revendues à des recycleurs.

On peut aisément mettre 20 tonnes dans un conteneur (soit environ 40 000 euros à la revente).

Le rapport temps / gain n’est pas vraiment rentable en France car le démantèlement est très chronophage.

Par contre, au Mali par exemple, le salaire moyen est d’environ 50 €. Ainsi, des conditions de travail humaines seraient possibles, des bénéfices pourraient permettre le développement local en réduisant l’impact environnemental et en valorisant les matières premières qui auraient été perdues.

Pour les ordinateurs donnés en échange, dans le cas des pays chauds, il faudrait les adapter avec plus de ventilateurs pour contrer les effets de la chaleur, un "ennemi naturel" des ordinateurs.

Reconnaissance financière

La valorisation financière au tonnage est difficile, car chronophage et très lourde en terme administratif pour des petites structures. Ainsi, les structures de taille modeste font rarement appel à l’obtention des
différents financements auxquels elles ont théoriquement accès.
Parmi ceux-ci et selon les lieux, il y a les TEOM (taxe d’enlèvement des ordures ménagères), l’eco-contribution, le détournement au tonnage pour la « déchetisation » évitée, la TGAP (Taxe Générale sur les Activités Polluantes), la REOM (redevance d’enlèvement des ordures ménagères), la valorisation Carbone, le recours au budget général, les financements de prévention des déchets...

Un accord gagnant-gagnant avec les politiques locales, la politique nationale à travers le programme ordi 2.0 (bientôt renommé en ordi 3.0), l’ADEME, voire l’Europe serait bien plus évident pour une structure qui gérerait la globalité des flux et pourrait redistribuer les montants aux partenaires en fonction des quantités traitées.


[1Ils n’ont ni dérogation permettant le traitement des déchets, ni certification et non pas la marque de seul programme de l’état en place sur la question, bien qu’il n’est pas grande valeur

[2prioriser le reconditionnement au recyclage

[4http://www.education.gouv.fr/cid79032/le-numerique-educatif-un-portrait-europeen.html :
En 2012, en France, les établissements scolaires disposent de 20 postes pour 100 élèves, soit 7 de plus qu’en 2006. La France se situe au 18e rang européen pour l’équipement informatique des écoles et au 12e rang pour celui des collèges. Les lycées d’enseignement général et technologiques et les lycées professionnels français se placent respectivement aux 4e et 5e rangs européens.

[5Selon le type d’établissement les budgets étant alloués par une des trois institutions

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Bonjour,
Oui, "Travaux contributifs" est une bonne idée de section pour poster cela. Je crois qu’il faudra élargir ensuite à d’autres réseaux, mais ce sera un bon point d’ancrage. Et mettre cette lettre quelque part, de préférence sur un espace dédié au libre, pour qu’elle soit co-signée par beaucoup d’internautes… À voir si Framasoft aurait déjà un outil en ligne à cet usage dans la liste des services…

Bonjour,
Cela pourrait être une bonne idée de te rapprocher de greenit.fr, du réseau des ressourceries, et aussi de venir
poster sur le forum Linuxvillage.org (http://forum.linuxvillage.org) pour discuter de tout cela, et voir comment
on pourrait faire avancer ces idées (j’ai des idées d’actions qui rejoignent les tiennes, et les libristes de Linuxvillage
seront intéressés). Note que j’ai trouvé ton site et cet espace après avoir fait un saut sur Ordi 2.0,
qui n’est pas si connu non plus.

  • Bonjour Mélodie,

    Effectivement, il y aurait certainement plus de visibilité sur "http://forum.linuxvillage.org". Je pensais faire une lettre claire et concise à envoyer à nos députés pour formuler une demande précise sur des points théoriquement validés, mais non appliqués qui font pas mal de torts aux reconditionneurs et à la pérennisation d’emploi locaux, diminuant les déchets.

    Penses-tu que cela pourrait se faire dans "Travaux contributifs dans le Libre" ?

    Merci de nous avoir contacté !

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